Atos lance Genesis Intelligence, une suite d’IA souveraine déployable en environnement isolé, avec Atos Codex pour les opérations critiques
Atos a annoncé le 26 octobre Atos Genesis Intelligence, une suite d’intelligence artificielle de bout en bout destinée aux organisations des secteurs très réglementés et manipulant des données sensibles, selon un communiqué du groupe parisien repris par ActuIA. La suite réunit dans un même écosystème la gestion des données, le développement et le déploiement de modèles, l’orchestration, la gouvernance et la sécurité, et elle peut être déployée sur cloud public, sur cloud souverain, sur site ou dans des environnements totalement isolés du réseau.
Parmi ses briques figurent un socle de données avec contrôle qualité, catalogage, lignage et traçabilité intégrés ; un routage intelligent qui choisit le modèle adapté à chaque requête pour limiter les coûts ; une SLM Factory pour développer et gérer de petits modèles de langage déployables localement ; et un portail d’entreprise proposant une place de marché d’agents d’IA générative adaptables à des tâches métier précises. Atos indique que l’architecture repose sur des technologies open source afin d’éviter la dépendance à un fournisseur, et que la suite sera enrichie par son modèle de livraison Atos Sovereign Agentic Studios.
La pièce maîtresse est Atos Codex, pour « Center of Operations and Data EXcellence ». Cette plateforme construit une ontologie opérationnelle de l’organisation, qui recense ses entités, relations, règles, autorisations et actions possibles, afin que les analyses de l’IA puissent être traduites en actions exécutées selon le niveau de contrôle humain fixé par l’organisation. Elle s’appuie sur l’expertise d’Eviden, la marque produits du groupe, en cybersécurité et en systèmes critiques, et vise les opérateurs d’infrastructures critiques, les transporteurs, l’industrie, les agences de défense et les institutions publiques.
Ce que cela change concrètement
Pour les acheteurs français, l’argument est la maîtrise : les mêmes outils, que la charge de travail tourne chez un hyperscaler ou sur un site déconnecté. Atos rejoint ainsi d’autres offres de souveraineté sur le marché, comme l’IA managée hébergée en France de Mistral et NumSpot ou l’espace de travail souverain de Twake.ai recommandé aux organismes publics. Le pari propre à Atos est l’étape qui suit la recommandation : laisser des agents encadrés agir sur les systèmes opérationnels. « Les organisations regardent au-delà de l’expérimentation de l’IA et se concentrent de plus en plus sur des résultats concrets pour l’entreprise », a déclaré Philippe Salle, président-directeur général du groupe.
Atos n’a communiqué ni tarifs ni clients nommés. Le groupe revendique plus de 51 000 collaborateurs au service de plus de 4 500 clients dans 54 pays, et tout l’enjeu sera de savoir si les opérateurs d’infrastructures sensibles feront confiance à une couche d’IA pour exécuter, et pas seulement pour conseiller.