Un jeune harcelé sur quatre s’est tourné vers l’IA pour trouver du soutien, selon le baromètre d’e-Enfance
Un quart des enfants et adolescents harcelés en France disent s’être tournés vers un outil d’intelligence artificielle pour trouver du soutien, selon le baromètre 2026 publié le 29 octobre par l’Association e-Enfance, qui œuvre pour la protection des mineurs en ligne, avec la Caisse d’Epargne. L’enquête, réalisée par l’institut George(s) du 18 au 28 septembre, a interrogé 1 612 binômes de parents et d’enfants âgés de 6 à 18 ans. RFI, qui a relayé ces résultats, décrit une IA en train de devenir la confidente des jeunes.
D’après l’étude, 32 % des jeunes déclarent avoir subi du harcèlement ou du cyberharcèlement : 29 % évoquent du harcèlement et 12 % du cyberharcèlement. Parmi les victimes qui ont utilisé un outil d’IA pour trouver du soutien, 83 % estiment que cela les a aidées. L’IA fait aussi partie du quotidien scolaire : 66 % des collégiens et lycéens disent l’utiliser pour leurs devoirs, contre 57 % en 2025, et 21 % s’en servent comme confidente.
L’intelligence artificielle intervient également dans le préjudice lui-même. Le baromètre indique que 31 % des victimes de cyberharcèlement ont été visées par des contenus humiliants ou des hypertrucages générés par IA. Sept victimes sur dix en ont parlé à leurs parents, 64 % estiment qu’un accompagnement psychologique les aurait aidées et 10 % disent avoir pensé au suicide.
Ce que cela change concrètement
Pour les parents et les établissements, ces chiffres suggèrent que les agents conversationnels comblent déjà un vide laissé par les adultes et les dispositifs d’aide. Cela pose la question des conseils que ces outils donnent à un enfant en détresse et de leur capacité à l’orienter vers une personne formée. L’inquiétude sur la place de l’IA dans l’avenir des jeunes vient aussi d’ailleurs, comme lorsqu’une étude de la Banque de France a constaté un recul des embauches en CDI des jeunes dans les métiers exposés à l’IA.
Les résultats sur les hypertrucages accentuent la pression sur les plateformes pour qu’elles détectent et retirent vite les contenus humiliants générés par IA, et sur les écoles pour qu’elles les traitent comme du harcèlement et non comme des blagues. Le débat public sur ceux qui fixent ces règles s’intensifie, avec des collectifs qui ont prévu un rassemblement à Paris pour réclamer une convention citoyenne sur l’IA.
À suivre : la réponse du ministère de l’Éducation nationale et des grandes plateformes aux chiffres sur les hypertrucages, l’ajout éventuel de garde-fous par les entreprises d’IA pour les mineurs qui cherchent un soutien émotionnel auprès des agents conversationnels, et l’évolution, dans le baromètre de l’an prochain, de la part des élèves qui se confient à l’IA plutôt qu’à des adultes.