Environ 800 manifestants à Étrechet contre le projet de premier centre de données de Google en France
Environ 800 personnes se sont rassemblées à Étrechet, près de Châteauroux, dans l’Indre, le samedi 17 octobre, pour protester contre le projet de Google d’implanter son premier centre de données en France sur quelque 200 hectares de la zone d’Ozans, a rapporté France 3 Centre-Val de Loire. Le rassemblement, organisé par le collectif citoyen Ozans dire non, faisait suite à une conférence de presse de Google en début de semaine qui n’a guère apaisé les doutes locaux.
Les prises de parole ont porté sur le climat et l’eau. Jérémie Godet, vice-président écologiste de la région Centre-Val de Loire, a jugé un projet de cette taille inadapté à un avenir de sécheresses et de vagues de chaleur plus fréquentes, et a mis en garde contre une économie locale trop spécialisée. Google indique que le premier remplissage du circuit de refroidissement du site nécessitera 1 000 mètres cubes d’eau. Les manifestants réclament aussi des études indépendantes, affirmant qu’aucune n’a été jointe au dossier.
Le conflit a déjà bouleversé la vie politique locale. Plusieurs élus d’Étrechet, dont la maire, ont démissionné en septembre, disant n’avoir eu accès à aucune information sur le projet. L’ancienne adjointe Marie-Pierre Chabenat-Canals a déclaré à France 3 que les élus avaient « fait le constat de [leur] impuissance avec des gros projets décidés sur des petits territoires ». L’ancien propriétaire des terres agricoles, Marc Lyster, a expliqué que sa ferme était passée de 106 à 24 hectares et que voir un centre de données prévu à cet endroit était un nouveau choc.
Ce que cela change concrètement
Les opposants estiment que le projet contredit le discours de souveraineté du gouvernement. En avril, les ministres David Amiel et Anne Le Hénanff affirmaient que l’État devait réduire sa dépendance aux outils américains, une orientation illustrée par le choix de Twake.ai comme espace de travail souverain recommandé pour plus de 2 500 organismes publics. Le député européen David Cormand a estimé que ces sites renforcent la souveraineté des multinationales américaines plutôt que celle de la France. La mobilisation fait écho aux recours déposés contre le centre de données Campus IA de Fouju en Seine-et-Marne.
Le combat est aussi arrivé à Paris. Le 8 octobre, les députés François Ruffin, Cyrielle Chatelain, Laurent Lhardit et Philippe Latombe ont présenté une proposition de résolution appelant à un moratoire de cinq ans sur les centres de données portés par des acteurs extra-européens, à des débats publics partout où des projets sont en cours et à la publication de leurs effets sur l’eau, l’énergie et les sols, a rapporté La Nouvelle République. Le texte doit encore recueillir des signatures avant d’être inscrit à l’ordre du jour.
À suivre : la première réunion publique sur le projet, prévue le 9 novembre à Châteauroux et accessible en visioconférence, et la publication éventuelle par Google de chiffres détaillés sur l’eau et l’électricité d’ici là.