Fleuret AI lève 4 millions d’euros pour automatiser les tests d’intrusion
Fleuret AI, jeune pousse française de cybersécurité offensive fondée cette année, a bouclé un tour de pré-amorçage de 4 millions d’euros pour automatiser une grande partie des tests d’intrusion à l’aide d’agents d’IA, a rapporté Le Monde Informatique le 6 octobre. Le tour a été mené par RAISE Ventures, avec la participation d’Auriga Cyber Ventures, de Wind, de Better Angle et de plusieurs business angels.
Les tests d’intrusion, ou pentests, reproduisent dans un cadre contrôlé les techniques d’un attaquant afin qu’une entreprise puisse repérer et corriger ses failles. Ils reposent encore largement sur des spécialistes, rares et coûteux en France. Les cofondateurs Yanis Grigy, directeur général, et Augustin Ponsin, directeur technique, dirigeaient auparavant un cabinet de pentest classique, monté alors que Yanis Grigy était encore en classe préparatoire, et en ont conclu qu’une bonne partie du travail répétitif pouvait désormais être automatisée.
Le prix et la rapidité sont au cœur de l’offre. Un pentest traditionnel peut coûter entre 12 000 et 20 000 euros et mobiliser des consultants pendant plusieurs semaines, rappelle la publication. Fleuret AI affiche un prix d’entrée de 4 000 euros et promet des résultats en 48 heures. Sa plateforme s’appuie sur des agents d’IA qui explorent l’environnement numérique d’une entreprise, identifient des vulnérabilités et tentent de les exploiter, dont deux agents maison, Émile et Champollion, conçus pour transmettre au processus automatisé le savoir-faire d’un pentester humain. « Ce qu’on fait, c’est fondamentalement 90 % d’IA et 10 % d’expertise et d’applicatifs métiers à la cyber », résume Yanis Grigy.
Ce que cela change concrètement
L’argent ira surtout à l’ingénierie. L’entreprise compte un peu plus d’une dizaine de salariés et prévoit de se rapprocher de la vingtaine ; elle veut passer du pentest à une plateforme tout-en-un de cybersécurité offensive. Elle cite déjà Stoïk et Brevo parmi ses clients, en compte aussi en Italie et en Norvège et envisage de s’implanter au Royaume-Uni. Selon Yanis Grigy, les normes européennes de cybersécurité, qui imposent des pentests à de nombreuses entreprises, rendent les acheteurs assez semblables d’un pays à l’autre.
Cette levée s’inscrit dans un intérêt français plus large pour l’IA au service de la cyberdéfense. Mistral a présenté son nouveau modèle Large 4 en mettant notamment en avant ses capacités en cybersécurité défensive, et le programme d’Inria de 13,5 millions d’euros consacré à l’évaluation et à la sûreté vise le test des systèmes d’IA eux-mêmes.
À suivre : l’accueil que réserveront auditeurs et assureurs aux pentests automatisés, la manière dont Fleuret AI maintiendra dans des limites convenues des agents qui tentent de véritables exploitations, et l’éventuelle ouverture d’un bureau au Royaume-Uni.