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Mistral confirme préparer une candidature pour piloter un consortium de gigafactory européenne d’IA

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Mistral confirme préparer une candidature pour piloter un consortium de gigafactory européenne d’IA

Mistral AI se prépare à candidater pour l’une des gigafactories d’IA prévues par l’Union européenne et veut piloter le consortium retenu, a rapporté le 14 octobre le média bruxellois Rapporteur. Charlotte Baylac de la Codre, responsable des affaires publiques liées au calcul au sein de l’entreprise parisienne, l’a confirmé mardi lors d’un événement à Bruxelles. « Nous préparons notre candidature », a-t-elle déclaré, précisant que l’objectif était de mener un consortium gagnant d’ici la fin de l’année prochaine.

Le dispositif des gigafactories, annoncé l’an dernier par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, mutualise des fonds européens, nationaux et privés pour bâtir de très grands centres de données d’IA sur le sol européen. Opérateurs télécoms, banques, jeunes pousses et même OpenAI s’étaient manifestés tôt ; Mistral, premier développeur d’IA en Europe, était resté discret jusqu’ici. La France concourt aussi pour accueillir l’un des quatre pôles d’IA plus modestes, qui doivent entrer partiellement en service d’ici 2029, chaque projet coûtant environ 3 milliards d’euros et abritant au moins 75 000 puces d’IA.

Charlotte Baylac de la Codre a indiqué que Mistral aurait préféré un mécanisme plus rapide, « car nous avons besoin de cette capacité aujourd’hui », et a critiqué la « logique nationale » qui façonne la composition des candidatures, y voyant une manière de ralentir les Européens. Elle a aussi rejeté l’idée que l’Europe puisse se dispenser de la course aux modèles les plus puissants : pour aider Airbus à construire son prochain avion, a-t-elle fait valoir, il faut un modèle de raisonnement très performant à la base de la pile d’IA.

Ce que cela change concrètement

Mistral confirme préparer une candidature pour piloter un consortium de gigafactory européenne d’IA — photo d’illustration

La candidature viendrait s’ajouter à l’effort de calcul déjà engagé en France, du projet Campus IA près de Paris à l’usine reconstruite de Bull à Angers pour les supercalculateurs européens. Elle suit aussi le lancement de Mistral Large 4, que l’entreprise dit avoir entraîné sur 3 800 puces spécialisées, soit environ 4 % de ce qu’utilisent ses concurrents.

Cette efficacité fonde sa conviction que l’Europe peut faire « mieux avec moins ». Elle s’est dite peu convaincue par une estimation récente selon laquelle le continent devrait investir environ 800 milliards d’euros pour rattraper la frontière technologique, estimant que la réponse consiste à utiliser intelligemment le calcul, l’énergie et les capitaux plutôt qu’à simplement égaler les dépenses américaines.

À surveiller : le calendrier officiel de l’appel, les partenaires français qui rejoindront un consortium mené par Mistral, et un éventuel assouplissement par Bruxelles de la logique nationale critiquée par l’entreprise.

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