La Banque de France prévoit de déployer Mistral AI sur un cloud souverain dans sa feuille de route 2028
La Banque de France prévoit de déployer des solutions Mistral AI sur un cloud souverain pour l’usage quotidien de ses agents et pour contribuer à la protection de ses systèmes d’information, a déclaré le premier sous-gouverneur Denis Beau dans un discours accueilli par la banque et ensuite diffusé par la Banque des règlements internationaux. Ce projet est l’un des deux exemples qu’il a donnés de la doctrine de souveraineté numérique de l’institution, qu’il résume ainsi : maîtriser les données, les infrastructures et les compétences nécessaires pour les faire fonctionner.
M. Beau a estimé que les acteurs financiers sont pris entre innovation, sécurité et dépendance à quelques hyperscalers non européens. Accorder à des modèles de frontière un large accès aux systèmes internes peut renforcer la cyberdéfense, a-t-il dit, mais cela risque aussi d’exporter le capital informationnel hors d’Europe. Il a cité le RGPD, le règlement sur l’IA et le cadre DORA sur les prestataires critiques, ainsi que le Cloud and AI Development Act de la Commission, comme des leviers qui n’ont de sens que s’ils s’appuient sur de vraies capacités européennes.
Parallèlement à Mistral, la banque développe une couche de virtualisation open source pour son cloud privé, afin d’optimiser ses ressources sans verrouillage propriétaire. M. Beau a rappelé que la Banque de France et l’ACPR ont renouvelé en juillet leur accord de coopération avec l’ANSSI pour aligner la supervision cyber à mesure que l’IA se diffuse dans le secteur.
Ce que cela change concrètement
Le plan Mistral prolonge les travaux déjà menés, comme les cinq outils d’IA internes que la Banque de France a détaillés, et fait écho à des choix commerciaux tels que l’arrivée de Mistral chez Crédit Agricole pour bâtir une plateforme d’IA de groupe. Pour les établissements supervisés, le signal est clair : les autorités entendent appliquer la doctrine de souveraineté qu’elles recommandent, en préférant des modèles européens et des options de sortie à la commodité d’un seul fournisseur.
À surveiller : quels modèles Mistral seront mis en service en premier, comment l’hébergement sur cloud souverain sera certifié, et si d’autres membres de l’Eurosystème emprunteront la voie du cloud privé open source esquissée pour 2028.