Bull et Schwarz Digits signent un protocole d’accord pour un cloud IA souverain franco-allemand sur STACKIT
Bull, spécialiste français des supercalculateurs et de l’IA, et Schwarz Digits, la branche informatique et numérique du groupe Schwarz, propriétaire de Lidl, ont signé un protocole d’accord pour bâtir un écosystème européen de l’IA et du cloud, ont annoncé les deux entreprises depuis Paris et Berlin le 3 novembre. Le Monde Informatique et IT Social ont rendu compte de cet accord, qui vise à permettre aux organisations des secteurs réglementés et stratégiques de conserver leurs données sensibles, leurs infrastructures et leurs opérations sous juridiction européenne.
Schwarz Digits apporte STACKIT, sa plateforme de cloud souverain, tandis que Bull fournit son expertise en IA et en calcul haute performance. Bull prévoit de proposer sa plateforme BullSequana AI sur la place de marché STACKIT, afin que les entreprises et les organismes publics accèdent à des logiciels d’IA développés sous droit européen. Selon Bull, les serveurs s’appuieraient sur son usine d’Angers pour une production d’IA à l’échelle du rack et sur son savoir-faire en refroidissement liquide direct à eau tiède. Les partenaires entendent aussi concevoir des serveurs selon les standards de l’Open Compute Project, intégrer SAP RISE, travailler ensemble sur de grands projets HPC et explorer l’informatique quantique. Bernie Wagner, directeur commercial de Schwarz Digits, a affirmé que les organisations européennes des secteurs stratégiques ne peuvent pas se permettre de choisir entre performance et souveraineté des données.
L’accord reste préliminaire. IT Social souligne qu’il ne fixe ni calendrier, ni volumes, ni clients identifiés, que le rôle de l’usine d’Angers est rédigé au conditionnel et qu’aucune condition financière n’a été communiquée. Le média rappelle aussi que STACKIT n’est pas réservé à Bull : Schwarz Digits a signé avec Fujitsu et Fsas Technologies le 22 octobre, et STACKIT est revendu par Atos, l’ancienne maison mère de Bull, depuis le 3 septembre. Bull appartient à l’État français depuis le printemps.
Ce que cela change concrètement
Pour les acheteurs français, l’accord ajoute une option souveraine dans un marché déjà encombré, où figurent des acteurs nationaux comme OVHcloud, qui prépare son premier LLM open source. Il prolonge aussi la stratégie de Bull, qui cherche à placer son matériel dans les projets européens d’IA après son entrée dans la candidature tchèque à une gigafactory d’IA, dans le cadre d’un pacte franco-tchèque. IT Social soulève une question que l’annonce laisse ouverte : sur quelle qualification de sécurité une offre commune s’appuierait-elle pour remporter des marchés publics français ?
À suivre : la transformation éventuelle du protocole en contrat ferme, la date à laquelle BullSequana AI apparaîtra réellement sur STACKIT, et l’hébergement éventuel de capacités STACKIT en France.