La France et la République tchèque signent un accord sur l’IA, Bull rejoint la candidature tchèque aux gigafactories
La France et la République tchèque ont signé un accord bilatéral de coopération stratégique dans le domaine de l’intelligence artificielle et du numérique, a annoncé le ministère de l’Économie dans un communiqué. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et Karel Havlíček, ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, ont signé le texte le mercredi 21 octobre, en le présentant comme une étape vers une IA européenne souveraine, compétitive et ouverte.
L’accord fixe quatre priorités : une ambition stratégique commune en matière d’IA, avec une coordination renforcée entre les deux gouvernements ; le soutien aux technologies souveraines pour renforcer l’autonomie stratégique et la compétitivité de l’Europe ; une approche concertée de l’initiative européenne des « Gigafactories IA » portée par l’entreprise commune EuroHPC, notamment en vue de son appel à projets ; et des points de contact permanents dans les deux administrations pour faire avancer les projets communs.
Les deux ministres ont également salué un accord industriel entre l’entreprise tchèque České Radiokomunikace (CRA) et le français Bull. Celui-ci prévoit l’intégration de Bull au consortium qui porte la candidature tchèque auprès d’EuroHPC pour le cofinancement d’une gigafactory d’IA. « Le partenariat conclu entre CRA et Bull en est une première traduction concrète », a déclaré Anne Le Hénanff. Karel Havlíček a indiqué que cette coopération renforce l’ambition de son pays d’accueillir une AI Gigafactory et de donner aux entreprises et aux chercheurs tchèques les capacités de calcul dont ils ont besoin.
Ce que cela change concrètement
Pour la France, l’accord place un industriel national au sein de la candidature d’un autre pays plutôt qu’en concurrence avec elle. Bull, qui a récemment rouvert son usine reconstruite d’Angers pour produire des supercalculateurs d’IA européens, se donne accès à un second projet de gigafactory, tandis que des acteurs français préparent leurs propres candidatures, dont celle de Mistral, qui veut mener un consortium européen de gigafactory d’IA.
Bull fait aussi partie du consortium de cloud de confiance pour l’IA formé avec Cloud Temple, Thales, Vates et le CEA, signe que l’entreprise se positionne comme partenaire matériel du calcul européen souverain. Le communiqué ne précise ni le budget, ni le site, ni la capacité du projet tchèque.
À suivre : le calendrier d’ouverture et de décision de l’appel EuroHPC sur les gigafactories, l’arrivée éventuelle de nouveaux partenaires dans le consortium tchèque, et la signature par la France d’accords bilatéraux comparables avec d’autres États membres candidats.