Nvidia vise des parts dans Doctolib, Genesis AI, Entalpic et Pigment, engagée à près de 9 milliards d’euros en Europe
Nvidia prévoit des prises de participation minoritaires dans quatre entreprises françaises — la plateforme de rendez-vous médicaux Doctolib, la société de robotique Genesis AI, le spécialiste des matériaux Entalpic et l’éditeur logiciel Pigment — alors que son engagement technologique en Europe approche près de 10 milliards de dollars, soit environ 9 milliards d’euros, a rapporté Euronews le 14 octobre.
Ces paris s’inscrivent dans la poussée française pour la souveraineté en IA, accélérée après le sommet de l’Action pour l’IA de février 2025 et les sommets Choose France. Euronews rappelle que cette souveraineté, telle que la définit la Commission européenne, repose surtout sur des infrastructures qui montent dans l’ouest de la France, notamment l’usine Bull d’Angers qui intégrera des plateaux Foxconn et, à partir de 2028, des systèmes NVIDIA Vera Rubin Ultra NVL72.
Nvidia a aussi mis en avant ses modèles open-weight Nemotron, déjà en production chez des organisations françaises qui veulent garder la maîtrise des données, et a cité Twake.ai de Linagora et Docaposte comme lieu de travail numérique souverain recommandé pour plus de 2 500 organismes publics. Le groupe bancaire SBS construit avec Nvidia une plateforme d’agents d’IA hébergés en interne, tandis que le Large 4 open-weight de Mistral est entré en avant-première privée la semaine dernière.
Ce que cela change concrètement
Quand le fournisseur dominant de puces investit dans des applications françaises, la frontière entre client et partenaire s’estompe, et Paris renforce son pari : la souveraineté, c’est choisir des partenaires plutôt que tout construire seul. Cela prolonge des mouvements industriels récents comme le consortium de cloud d’IA de confiance à 47 millions d’euros autour de Cloud Temple, Thales, Bull, Vates et le CEA et la sortie open-weight de Mistral Large 4, tandis que le programme d’évaluation et de sécurité de 13,5 millions d’euros d’Inria maintient la pression sur la mesure.
Pour les hôpitaux qui réservent via Doctolib, les usines qui testent les robots Genesis, les laboratoires qui utilisent les modèles matériaux d’Entalpic ou les équipes finance sur Pigment, la question pratique est de savoir si la participation de Nvidia s’accompagne d’un accès prioritaire aux accélérateurs rares et au soutien ingénierie. Les autorités françaises surveilleront aussi si les déploiements open-weight restent auditable sous les règles européennes de transparence.
À surveiller : la taille réelle des quatre participations, le maintien de la résidence des données européennes comme argument commercial pour Doctolib et Pigment, et le respect du calendrier Rubin 2028 à Angers.