Wayve, Stellantis et Nvidia s’associent au gouvernement pour déployer des véhicules autonomes en France
Le développeur londonien de conduite autonome Wayve, le constructeur Stellantis et le concepteur de puces Nvidia ont annoncé le 23 octobre une collaboration avec le gouvernement français pour préparer le déploiement de véhicules autonomes en France et accélérer le développement de cette technologie dans l’ensemble de l’Union européenne. L’annonce a été faite aux Assises du Véhicule Autonome à Paris, selon un communiqué commun publié par Stellantis.
Le dispositif technique s’appuie sur des collaborations existantes entre les partenaires. Stellantis apporte ses plateformes de véhicules L4-Ready ainsi que son savoir-faire en ingénierie et en production, et Wayve fournit le Wayve AI Driver, un système d’IA incarnée qui fonctionnera avec Halos OS de Nvidia sur l’architecture de calcul et de capteurs Nvidia Hyperion. Les partenaires présentent la France comme le point d’ancrage d’un écosystème couvrant toute la chaîne de valeur du véhicule autonome, des semi-conducteurs aux voitures, en mettant en avant la taille de son marché des VTC et les 109 milliards d’euros d’investissements dans l’IA annoncés lors du Sommet pour l’action sur l’IA de 2025 à Paris.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a affirmé que la France s’engage à adapter son cadre réglementaire pour accélérer l’arrivée des véhicules autonomes tout en maintenant des exigences strictes en matière de sécurité et de souveraineté des données, avec l’objectif de passer de l’expérimentation au déploiement en conditions réelles. Anne Laliron, responsable de la recherche chez Stellantis, a présenté la France comme l’un des principaux pôles d’ingénierie du groupe, tandis que Kaity Fischer, de Wayve, a estimé que travailler directement avec le gouvernement aiderait à définir les conditions d’un déploiement sûr.
Ce que cela change concrètement
Aucune ville de lancement, aucun calendrier ni aucune taille de flotte n’ont été annoncés : il s’agit d’un cadre plutôt que d’un service. Un volet social se distingue : le dialogue avec les organisations syndicales, les collectivités locales et les acteurs de la mobilité sera mené par les partenaires locaux chargés des opérations de transport, afin que la transition profite aux salariés, aux territoires et aux usagers. Ce point compte dans un pays où les chauffeurs de taxi et de VTC se sont souvent mobilisés contre les nouveaux entrants.
L’annonce s’ajoute à un mois chargé pour l’IA de conduite en France, après le lancement par Valeo et KE:SAI d’un projet franco-allemand de conduite autonome en open source, et elle prolonge la présence croissante de Nvidia dans le pays après ses projets de prises de participation dans Doctolib, Genesis AI, Entalpic et Pigment.
À suivre : les évolutions réglementaires que proposera le gouvernement, les villes ou opérateurs français qui rejoindront le projet comme partenaires locaux, et la date à laquelle les premiers véhicules transporteront des passagers sur la voie publique.